Le lait de la vie

J’ai dû arrêter définitivement l’allaitement au bout de 4 jours.

J’ai cru devenir folle de tristesse, de déception, de douleur aussi. Déjà que j’étais en état de choc après un accouchement long et difficile. Je ne pouvais pas prendre mon bébé contre moi tant j’avais mal « partout », ce qui rendait l’allaitement douloureux, mais j’arrivais à faire avec. Et voilà qu’il ne fonctionnait de toute façon pas.

Le PIRE, ce à quoi je ne m’étais pas du tout préparée, c’est que je ne pouvais pas prendre mon bébé tout contre moi sans que mon corps réagisse en relançant la production de lait, et ce pendant des jours et des jours. C’était douloureux, mais c’était surtout insupportable, à hurler de frustration, de rage, de déception. Qu’est-ce que j’ai pleuré.

Et puis on a découvert que notre bébé souffrait de coliques (pourquoi dit-on ça ? c’est moche et ça fait penser à la diarrhée), puis de reflux. Je me suis sentie très mal de ne pas pouvoir le nourrir avec le lait de mon corps qui, assurément, lui aurait évité toutes ces souffrances.

Mais un jour, alors qu’El Bébé devait avoir 2 mois, j’étais au téléphone avec une grande amie, elle-même mère de 3 enfants, et j’ai craquée, fondant en larmes en lui disant combien je me sentais triste de cette situation. Elle m’a tout simplement dit qu’elle comprenait. Et puis elle a ajouté que ses 3 enfants, allaités pendant des mois, ont souffert de ces fameuses coliques du nourrisson, et que l’un d’eux a souffert de reflux. Et plouf, je me suis sentie infiniment mieux. Je n’avais pas réalisé que je me sentais pour partie responsable de la situation, pas à la hauteur des besoins de mon enfant, etc. Mère quoi ;o).

Les coliques ont disparu avec le temps, assez vite. Le reflux est en voie de disparition. J’ai trouvé de bons côtés au fait de ne pas allaiter, j’arrive même à ne plus le regretter. J’aurais aimé, mais ça n’a pas été possible, voilà. Aujourd’hui, ce qui reste douloureux, ce sont les raisons qui ont fait que j’ai dû arrêter, parce qu’elles n’ont jamais été claires et que j’ai été mal accompagnée à l’époque, ce qui a suscité beaucoup de souffrance.

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4 réflexions au sujet de « Le lait de la vie »

  1. Ah comme j’ai pu culpabiliser d’avoir du être en allaitement mixte après ma césarienne.
    J’ai longtemps cru (et je crois encore) que si elle a eu une bronchiolite à 10j c’est un peu à cause de cela.
    Je crois que la pression de l’allaitement est juste trop forte…

    1. Oui, la pression est forte, très forte.
      A la maternité, on m’a dit à plusieurs reprises « vous êtes une bonne mère, même si vous n’allaitez pas ». Ca m’a sidérée, je ne doutais pas d’être une bonne mère. Que l’on me répète cela a mis un minuscule doute dans ma tête pendant un instant. Pour moi, allaiter ou donner le biberon, ça n’a rien à voir avec être une bonne mère. On les nourrit d’amour nos enfants, quels que soit le vecteur.
      Par contre, très sensibilisée aux questions d’alimentation, j’avais des doutes sur les qualités des laits infantiles. Et puis j’aime manger, je mange des choses variées, ça ne me plaisait pas que mon bébé boive la même chose tous les jours pendant des mois et des mois. J’avais vraiment envie qu’il goûte la vie à travers mon lait, dans toutes ses variantes.

  2. Ca me touche tellement ce que tu écris, et ça fait remonter tellement de trucs en moi que je ne sais même plus quoi écrire 😉
    Mais OUI, quelle pression ! Ca a hyper mal commencé pour nous (le bébé avec la machoire bloquée par l’accouchement, qui n’arrive pas à ouvrir assez la bouche pour téter !… il a eu très faim – quand j’y repense ça me fait pleurer à chaque fois, mon cher petit bébé qui demande à manger mais qui n’arrive pas à téter…)) et les sage-femmes et pédiatres de la maternité (et du rayon pédiatrie de l’hopital parce que du coup nous nous sommes retrouvés en pédiatrie !) étaient de niveau 0 en psychologie de la jeune Maman en pleine chute d’hormones ! C’était HO-RRIBLE !

    1. C’est formidable que vous, ton bébé et toi, ayez réussi à trouver les solutions qui vous ont permis de poursuivre l’allaitement. Je comprends que ce souvenir te fasse pleurer, c’est tellement DUR de voir son tout minuscule bébé qui exprime avec tout son corps une frustration, une douleur, et de na pas pouvoir l’apaiser là, immédiatement ! Gut wrenching dit-on en anglais, un truc à vous tordre les boyaux..

      Les bébés qui ont la mâchoire bloquée après l’accouchement, on sait que ça arrive, comme ceux qui ont un frein sous la langue trop court pour téter, ou ceux qui souffrent d’un torticolis, etc. Comment se fait-il que les « professionnels » des maternités ne proposent pas rapidement une aide extérieure de type consultant en lactation, des gens qui connaissent bien la question côté bébé ET côté maman ? J’en connaissais l’existence mais j’étais dans un tel état que je n’ai pas pensé à faire appel à une personne extérieure.

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