Archives pour la catégorie Questionnement

1 journal

Le 1, c’est une grande grande page pliée, puis pliée, et enfin, pliée une dernière fois. Cette grande page imprimée est un hebdomadaire. Qui me faisait envie depuis longtemps parce que son slogan est :

Chaque mercredi,

une question d’actualité,

plusieurs regards

Ça me plait parce que :

  • c’est court
  • ça ne couvre qu’un sujet, donc c’est assez profond quand même
  • les avis sont divers, donc ça doit être assez riche.

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Je me suis donc abonnée pour 3 mois. Après 3 semaines, je dirais que ce n’est pas mal, que j’aime recevoir à nouveau une publication dans ma boîte, et que je trouve le temps de le lire en entier. Mais aussi que je suis un peu déçue-décontenancée parce que le 1 propose bien plusieurs regards (le poète, l’économiste, le chef d’entreprise, l’agriculteur,…), mais ne propose pas tellement d’avis divergents. J’avais mal compris le « plusieurs regards », que j’avais interprété comme « plusieurs avis sur une même question, hors de tout politiquement correct ». Ben non, ce n’est pas l’idée. Mais bon, c’est intéressant quand même. Cela étant, je doute de prolonger mon abonnement au-delà de 3 mois. Des idées de titre de presse susceptible de répondre à mon envie de diversité ?

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Internet en chair et en os

Dites « Internet », on vous répond « virtuel ». Je croyais que les informations circulaient dans l’espace, par satellite. Les satellites restent certes des objets, mais que j’imaginais peu nombreux, petits et éloignés. J’ai découvert récemment que la grande majorité (95-97%) des communications passaient en fait par des câbles. Des câbles ! Des gros fils, des vrais machins, pas des ondes dans l’espace !

cable
Un python bicolore des rochers ? Non ! Un câble internet sous-marin. Source : Africa Top Success

La carte ci-dessous montre les câbles sous-marins (263 cables en 2014, d’après Wikipedia), mais il existe aussi d’énormes réseaux de câbles sous-terrains. Je le savais pourtant, on voit régulièrement des chantiers pour la pose de câbles en fibre optique, mais je butais sur cette idée que le net, c’est virtuel…

Source : Slate

Voir GRAND

J’ai suivi la formation en ligne de Tara Mohr, Playing Big, il y a deux ans. J’en ai tiré plein de bonnes choses et je suis le blog de Tara avec intérêt. J’y trouve des pistes, des mots qui m’inspirent et surtout beaucoup d’intelligence. Malgré les apparences très américaines pour nous, on est loin du marketing et du développement perso à deux balles.

Dans un article récent de son blog, Tara Mohr souligne que non, son objectif n’est absolument PAS d’aider les femmes à avoir confiance en elles. La confiance, écrit-elle, est un luxe que je ne veux pas attendre. Nous devons agir malgré nos doutes. Il nous faut avoir conscience de ce que notre auto-critique peut s’exprimer sans que nous devions la laisser nous gouverner. Nous pouvons laisser une autre partie de nous-mêmes nous guider.

Je trouve que le regard de Tara Mohr est vraiment différent. J’y trouve plein de choses que j’ai envie de transmettre à mon fils. Accepte la multiplicité de tes voix intérieures, elles ont des raisons de s’exprimer. Décide quelles sont celles que tu veux écouter.

Un lasso pour mes peurs

Je ne suis pas au mieux de ma forme.

Je suis arrivée à ce point redouté où avoir un enfant me pèse, parfois, et de plus en plus souvent.

Ce n’est pas lui qui me pèse. Ce n’est pas non plus être mère qui m’est pénible.

C’est le jonglage fou entre s’occuper d’un tout-petit, chercher du travail, vivre une vie de couple, une vie « sociale » (voir mes amis en somme), découvrir le monde encore et toujours (c’est-à-dire lire, voyager et rencontrer de nouvelles personnes).

C’est l’angoisse qui commence à m’étouffer parce que je ne retrouve pas de travail.

Est-ce que je me demande trop ? Suis-je trop exigeante, à vouloir combiner plusieurs vies en une seule ? Je ne le crois pas, la vie EST par nature multiple, elle EST mouvement.

Nan, ce qui craint vraiment c’est le doute, c’est l’angoisse qui me réveille toutes les nuits vers 3 heures. C’est la PEUR.

Qu’est-ce que j’aimerais montrer à mon fils que les peurs s’écoutent, oui, mais se dépassent surtout !

On fait un bœuf les gars ?

J’ai été surprise, devant un kiosque à journaux, par la couv’ d’un magazine intitulé « Beef ». Sa baseline est la suivante : « BEEF, le magazine pour les hommes qui ont du goût vous propose des recettes de viandes rouges, des reportages et autres news réservées aux hommes. »

Moi, ça ne me fait vraiment pas envie. mais je ne suis clairement pas dans leur cible.

Buffle d'eau

(ceci n’est pas un « beef » mais un bufle thaïlandais croisé en 2006)

 

 

Je ne SAIS pas

Mon tout petit,

Je sais des choses. Plus ou moins justes. J’ai l’expérience de la vie, la mienne. Des années et des années d’expérience de ma vie. Qui ne signifient pas des années et des années d’expérience de la vie des autres, ailleurs, autrement.

Je sais, suffisamment pour t’assurer qu’il est dangereux de toucher la porte du four, les prises, la cafetière fumante. Suffisamment pour être heureuse que tu observes mes gestes quand je coupe les courgettes, que j’éponge la table, que j’enfile mes chaussures. Je sais déjà bien moins lorsqu’il s’agit des relations sociales, alors ne crois pas qu’il faille « faire comme ça ».

Je ne me vois pas comme ton guide. Ton modèle, oui, parce que je suis là pour toi, que tu peux me m’observer à loisir, que je conçois le modèle non comme quelque chose à atteindre mais comme une base rassurante, un peu comme une recette de cuisine dont on sait que l’on peut la suivre, s’en inspirer ou l’ignorer.

Mais mon chat, je ne SAIS pas être ta mère, pas plus que tu ne sais être mon fils. Je ne sais pas quoi faire, quoi répondre, comment réagir. Je l’apprends, je le découvre, je le crée, en même temps que toi.

Et j’aime ça, je n’aime rien tant que ça, ne pas savoir, apprendre ensemble.

Le lait de la vie

J’ai dû arrêter définitivement l’allaitement au bout de 4 jours.

J’ai cru devenir folle de tristesse, de déception, de douleur aussi. Déjà que j’étais en état de choc après un accouchement long et difficile. Je ne pouvais pas prendre mon bébé contre moi tant j’avais mal « partout », ce qui rendait l’allaitement douloureux, mais j’arrivais à faire avec. Et voilà qu’il ne fonctionnait de toute façon pas.

Le PIRE, ce à quoi je ne m’étais pas du tout préparée, c’est que je ne pouvais pas prendre mon bébé tout contre moi sans que mon corps réagisse en relançant la production de lait, et ce pendant des jours et des jours. C’était douloureux, mais c’était surtout insupportable, à hurler de frustration, de rage, de déception. Qu’est-ce que j’ai pleuré.

Et puis on a découvert que notre bébé souffrait de coliques (pourquoi dit-on ça ? c’est moche et ça fait penser à la diarrhée), puis de reflux. Je me suis sentie très mal de ne pas pouvoir le nourrir avec le lait de mon corps qui, assurément, lui aurait évité toutes ces souffrances.

Mais un jour, alors qu’El Bébé devait avoir 2 mois, j’étais au téléphone avec une grande amie, elle-même mère de 3 enfants, et j’ai craquée, fondant en larmes en lui disant combien je me sentais triste de cette situation. Elle m’a tout simplement dit qu’elle comprenait. Et puis elle a ajouté que ses 3 enfants, allaités pendant des mois, ont souffert de ces fameuses coliques du nourrisson, et que l’un d’eux a souffert de reflux. Et plouf, je me suis sentie infiniment mieux. Je n’avais pas réalisé que je me sentais pour partie responsable de la situation, pas à la hauteur des besoins de mon enfant, etc. Mère quoi ;o).

Les coliques ont disparu avec le temps, assez vite. Le reflux est en voie de disparition. J’ai trouvé de bons côtés au fait de ne pas allaiter, j’arrive même à ne plus le regretter. J’aurais aimé, mais ça n’a pas été possible, voilà. Aujourd’hui, ce qui reste douloureux, ce sont les raisons qui ont fait que j’ai dû arrêter, parce qu’elles n’ont jamais été claires et que j’ai été mal accompagnée à l’époque, ce qui a suscité beaucoup de souffrance.

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Vivre ensemble

Au-delà du partage des objets, comment se fait-il que nous vivions à ce point côte à côte sans nous connaître ?

C’est une chose qui m’a frappée lorsque j’étais enceinte et durant la 1ère année d’El Bébé. J’avais plein de questions, on avait parfois besoin d’un dépannage (un lit parapluie, un porte-bébé à l’essai au lieu d’acheter des tucs qui ne conviendraient pas) et nous ne connaissions pas (plus) grand monde ici. Nous étions très isolés dans ce moment de nos vies, pour des raisons diverses, et ça a parfois été assez difficile. J’aurais aimé vivre dans un endroit plus ouvert.

Bon, l’ouverture, il faut la créer.

Je crois que c’était un dialogue dans un livre lu dans les années 90. Je ne sais plus. Enfin l’idée, c’était quelqu’un qui disait qu’il s’ennuyait, que les gens avec qui il était étaient ternes, pas drôles… Et un autre personnage lui répondait : « A toi de les faire rire ! A toi de dire des choses intelligentes si la conversation devient pénible ».

Bon, là je l’écris mal, mais ça a été un truc majeur dans ma vie. Evidemment, il faut aussi se choisir une compagnie qui vous convienne hein. Mais quand on s’emm** avec des gens, c’est vraiment efficace de se demander ce qu’on peut y faire et de donner ses tripes pour que ça change. C’est un peu dans l’esprit de cette citation.

Je reviendrai sur cette idée de partage, d’entre-aide, de vivre ensemble, vraiment ensemble.

IMG_2910 (cette photo, prise pendant mes vacances -oui, j’ai visité un zoo, ça ne m’était pas arrivé depuis des années, et c’était étonnamment bien – n’a rien à voir avec ce récit)

Chacun sa vie

Dans chaque maison, dans chaque appartement,

  • Un lave-linge
  • Un aspirateur
  • Une perceuse
  • Des livres
  • Des machines électroniques
  • Des serrures fermées
  • Une voiture, une tente, une tondeuse, une alarme ?

C’est quelque chose qui me met mal à l’aise, cette répétition d’objets possédés, qui ne sont que rarement prêtés et très rarement partagés.

Pourquoi ne pense-t-on pas les appartements avec un sous-sol buanderie où chaque famille ferait ses lessives et laisserait sécher son linge au lieu d’encombrer les logements et de créer des nuisances sonores avec des machines qui essorent en pleine nuit ?

Pourquoi ne partage-t-on pas les tondeuses à gazon et autres perceuses ?

En Suisse, les buanderies communes ne sont pas rares, et cela fonctionne bien.

J’ai vécu dans des logements partiellement communautaires, avec une cuisine et une salle de douche commune par exemple. Nous avions chez nous de quoi faire notre petit-déj ou un repas simple (frigo, 2 plaques électriques, micro-ondes, bouilloire et grille-pain) et un petit cabinet de toilette avec des toilettes et un lavabo.

Nous traversions le couloir pour aller dans la cuisine utiliser le four, les plaques de cuisson, la vaisselle et les accessoires de cuisine, éventuellement pour manger à la grande table, nous 2 ou avec des amis de passage.

Nous traversions également le couloir pour aller nous doucher et laver notre linge. Tout était généralement propre, en bon état et disponible car nous avions des horaires compatibles ou étions capables de remettre à plus tard la préparation d’un repas par exemple.

Nous évitions ainsi de posséder chacun des objets dont nous n’avions pas tout le temps besoin. Et ce partage provoquait les rencontres et les échanges, l’entre-aide et l’écoute. J’ai aimé vivre comme ça. Cela me manque souvent.

Que pourrais-je mettre en place pour retrouver ce plaisir là ? C’est la question que je me pose avec insistance.